Alors
que le système était encore condamné
il y a quelques années, le 21 février
2002, une loi a été adoptée
réformant l'autorité parentale et
prévoyant la possibilité de résidence
alternée des enfants en cas de séparation
des parents, même en cas de désaccord
de l'un d'entre eux.
Dans le cadre d'un divorce, cela semble la moins
mauvaise des solutions pour respecter le
droit de l'enfant de vivre auprès de ses
deux parents.
L'article 9 de la Convention Internationale relative
aux Droits de l'Enfant pose le principe du maintien
des relations de l'enfant avec ses deux parents.
Or jusqu'à présent, en France, dans
près de 85% des cas la résidence habituelle
de l'enfant est fixée chez la mère,
après une séparation 24% des enfants
vivant avec leur mère ne voient jamais leur
père, et 18% le voient moins d'une fois par
mois (Source INED 1994).
Le système de la garde alternée, c'est
aussi reconnaître que chacun des parents a
les mêmes droits et les mêmes devoirs
auprès de son enfant, même si pour
ce dernier ils ne sont pas interchangeables, mais
complémentaires.
C'est donc la meilleure application de la coparentalité
(et de la coéducation) posée par la
loi de février 2002.
Et de l'avis de beaucoup, l'alternance permet aux
adultes de réinvestir plus rapidement leur
vie personnelle après la séparation.
Qu'est-ce que la résidence alternée?
La résidence alternée consiste en
un partage égal du temps de l'enfant entre
le père et la mère, sur des périodes
variables chez chacun des parents.
Elle donne le temps à l'enfant de s'installer
chez chacun des parents. En effet, l'enfant a un
rythme biologique constitué d'éléments
stables et de rites qui lui permettent de se repérer
dans le temps. Selon les psychologues, cette horloge
biologique se cale au bout d'environ quarante huit
heures. Un enfant qui ne voit son parent que le
week end n'a pas donc pas le temps de s'installer
dans cette relation et d'en profiter.
Différents rythmes son envisageables en fonction
de l'âge et de la personnalité de l'enfant
:
-
de petites coupures : la semaine en découpée
en jours fixes et en jours libres (lundi et mardi
toujours avec la mère, jeudi, vendredi
toujours avec le père, le mercredi et les
week-end à tour de rôle) ; c'est
le système idéal pour les petits
;
-
une semaine chez l'un, une semaine chez l'autre
:
-
la quinzaine : c'est la formule préférée
par des adolescents
-
entre deux vacances scolaires :
Le code civil n'impose pas pour que la résidence d'un enfant soit fixée en alternance au domicile de chacun de ses parents, que le temps passé auprès de chacun des parents soit de même durée : si l'intérêt de l'enfant le commande et compte tenu des circonstances il est possible d'opter (ou le juge peut ordonner) pour une résidence aboutissant à un partage inégal du temps (Cass. Civ. 1ère 25 avril 2007, Droit de la famille 2007 Comm n° 143).
Devant
le juge
Il
faut ici distinguer selon que les parents ont ou non
trouvé un accord concernant leurs enfants,
mais dans tous les cas si aucun des parents ne demande
une telle mesure, le juge ne pourra l'imposer:
-
en cas d'accord entre les parents : le juge homologuera
leur convention en vérifiant que les intérêts
de l'enfant sont sauvegardés et que le consentement
des parents a été librement donné
;
-
en cas de désaccord entre les parents (l'un
souhaite une résidence alternée et
l'autre pas) : le magistrat pourra :
- Tenter de les concilier ;
- Leur proposer ou leur imposer dans l'attente
une médiation familiale ;
- Nommer un enquêteur social : le juge se
prononcera aux vues des résultats du rapport
d'enquête ;
- Ordonner à titre provisoire pour une
durée maximale de 6 mois la résidence
alternée : une fois passé ce délai,
le juge selon le compte rendu de cette période
statuera définitivement ;
La résidence alternée ne peut fonctionner
que si différents aspects sont respectés,
comme par exemple :
- entente entre les parents ;
- proximité géographique des parents
;
- acceptation de chacun des parents que l'éventuelle
belle - mère ou beau - père de l'enfant
participe de façon active à l'éducation
de ce dernier...
Si la garde alternée échoue, l'un des
parents peut saisir à nouveau le Juge aux affaires
familiales pour demander à ce que la résidence
des enfants soit fixée chez l'un des parents,
l'autre ayant seulement un droit de visite et d'hébergement.
Le fait que l'un des époux soit la cause de
la fin de la garde alternée n'est pas une faute
de nature à garantir que les enfants seront
confiés à l'autre parent.
Résidence alternée et budget
("Quand on aime, on ne compte pas ; mais quand
on ne s'aime plus qu'est-ce qu'on compte!")
La résidence alternée demande des efforts
financiers : les parents decront avoir de nombreuses
choses en double. De plus deux appartements seront
nécessaires (et pas des studios...), pour lesquels
les loyers et charges seront dus même quant
l'enfant ne sera pas là.
En outre, résidence alternée n'est pas
synonyme d'absence de pension alimentaire (Mise en
garde à ceux qui demanderaient la garde alternée
en pensant ne pas devoir verser à leur "ex"
une contribution à l'entretien et à
l'éducation des enfants : les juges détestent
cela et se rendent rapidement compte de la manoeuvre!).
Les revenus des parents ne sont souvent pas égaux
: ils sront donc redistrubués paritairement
en fonction des besoins de chacun.
La résidence alternée et l'Administration
- la Sécurité Sociale : chaque parent
peut inscire l'enfant sur sa carte Vitale ;
-
les impôts : à compter de 2004 les
enfants sont réputés être à
la charge égale de l'un et de l'autre des
parents, qui peuvent les déclarer tous les
deux et bénéficient alors de 0,25
part supplémentaire (il faudra donc choisir
la solution fiscale la plus avantageuse avec une
calculatrice!) ;
- la CAF : les parents devaient se mettre d'accord
et indiquer à la CAF lequel sera l'allocataire ; toutefois dans deux avis, la Cour de Cassation a suggéré que chacun des parents assumant à part égale la charge de l'enfant rien ne s'opposerait à leur reconnaître "alternativement" le droit aux prestations.
Aussi, après rapprochement des différentes parties intéressées, le décret n°2007-550 du 13 avril 2007 parmet lepartage des seules allocations familiales en remplissant un formulaire spécifique.
Selon les articles R521-2 à R521-4 du Code de la Sécurité Sociale, les parents auront le choix de désigner le parent qui percevra les allocations familiales, soit de les partager d'un commun accord.
En cas de désaccord, le partage devient la règle.
La prestation reçue tiendra compte du nombre d'enfants en résidence alternée et, éventuellement des autres enfants à charge vivant au foyer.
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pour aller plus loin :

"Réussir
la garde alternée" Gérard Poussin
& Anne Lamy
- Collection "C'est la vie aussi" - Albin
Miche
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