
Les
honoraires de mon cabinet
Aux
échanges humains que l'Avocat a avec ses
clients, s'ajoute un échange économique
: l'argent fait partie de la relation.
L'honoraire
garantit au conseil son indépendance, la
pérennité de son activité et
la qualité de ses interventions.
Sous
l'Ancien Régime, l'honoraire est "un
don spontané de la reconnaissance du client"
; mais il va sans dire, que les situations ont évolué
et que la loi du 31 décembre 1971 et ses
décrets d'application ont fixé les
règles de l'honoraire moderne.
Les
honoraires de l'Avocat sont libres.
A
ce propos, la Commission de la concurrence et des
prix a fermement posé comme contraire aux
règles de la concurrence, la diffusion de
barèmes d'honoraires établis et diffusés
par un Ordre ou une association de conseils.
Toutefois,
il est possible à chaque avocat d'élaborer
un tarif propre à son cabinet, qu'il pourra
porter à la connaissance de ses clients.
Les
honoraires sont fixés en fonction :
L'honoraire
peut-être calculé au temps passé,
ou fixé de façon forfaitaire (par
exemple, un divorce sur requête conjointe
sera estimé à 9000 Frs) ou mixte.
Les
honoraires seront en général réglé
en plusieurs versements constituant des provisions.
Pendant
de nombreuses années, le recouvrement judiciaire
de ses honoraires par l'Avocat était proscrit.
La
loi du 31 décembre 1957, reprise et développé
par celle du 31 décembre 1971 et ses décrets
d'application, a mis à la disposition des
conseils une procédure spéciale.
La
réclamation est portée devant le Bâtonnier
compétent, qui statuera dans les trois mois,
après avoir entendu l'Avocat et son client.
La
décision est notifiée aux parties
par lettre recommandée avec accusé
de réception et susceptible de recours dans
le mois devant le Premier Président de la
Cour d'Appel.
La
contestation d'honoraires par le client suit la
même démarche.
L'Avocat
ne peut exercer de rétention de pièces
pour obtenir le règlement de ses honoraires
à la fin d'une affaire, ou lors d'une succession
d'Avocat dans un dossier.
Si
un Avocat succède à un confrère,
il doit s'assurer que ce dernier a été
complètement désintéressé
; si ce n'était pas le cas, il pourrait devenir
lui-même redevable des honoraires impayés.
La
soumission des honoraires de l'Avocat à la
TVA au taux de 19,6% reste d'actualité :
de nombreuses associations militent pour le passage
à un taux réduit.
Dans
le cadre d'un procédure, il est possible
de demander la condamnation de l'adversaire à
une somme sensée couvrir celle avancée
au conseil : ce sont les frais irrépétibles
de l'article700 du Nouveau Code de Procédure
Civile pour les litiges civils (par exemple, contentieux
locatif) et de l'article 471-1 du Code de Procédure
Pénale pour les affaires pénales.
Toutefois,
même si les magistrats ne rechignent pas à
les accorder (sauf, par exemple, si le perdant relève
du secteur de l'aide juridictionnelle), elles sont
souvent très modestes (par exemple, dans
un dossier pénal de violences volontaires
suivie d'une incapacité de plus de huit jours,
2000 Frs d'accordés).
Afin
de mener à bien un dossier, l'Avocat pourra
être amené à débourser
des frais (par exemple, demande d'actes aux hypothèques,
droit de plaidoirie) dont il demandera au client
le remboursement ce sont les débours.
Les
frais doivent être distingués des dépens
fixés par décret, qui sont inhérents
à la procédure (comme par exemple,
la rémunération de techniciens) :
le Tribunal pourra condamner la partie perdante
à les rembourser à son contradicteur.
Entrent
dans les dépens, les honoraires de postulation.
Devant
les Tribunaux de Grande Instance, où la procédure
est écrite, la loi oblige l'Avocat d'un barreau
extérieur à s'adjoindre les services
d'un confrère : le postulant. Ce dernier
effectuera tous les actes de procédure (par
exemple, placement d'une assignation), contre honoraires.
Toutefois,
les Avocats de PARIS, BOBIGNY, CRETEIL et NANTERRE,
par dérogation peuvent postuler devant chacun
de ces Tribunaux (sauf exception).
Dans
ma majorité des cas, le client estime toujours
que les honoraires de son avocat sont trop élevés.
Mais
il doit garder à l'esprit que 50% de ces
honoraires versés doivent couvrir les frais
généraux et incompressibles du cabinet
( entre autres, frais de secrétariat, locaux
professionnels, matériel informatique, documentation,
éventuellement collaborateurs, taxes, impôts,
charges sociales).