On
estime à 20% environ le nombre de pensions
alimentaires impayées.
La
cause de ces impayés a souvent pour cause
un conflit de présentation d'enfant.
Comme
dans d'autres domaines, la prévention des
non paiement volontaires est possible, en mettant
en place un virement automatique du paiement de
la pension.
Mais,
la loi prévoit différents systèmes
de recouvrement et de protection du créancier
d'aliments (celui à qui est due la pension,
par opposition au débiteur, qui doit la pension).
Toutefois
avant d'actionner le recouvrement forcé,
il est fortement conseillé d'écrire
au débiteur d'aliments par lettre recommandée
avec accusé de réception en l'informant
que vous n'avez pas reçu la dernière
échéance et en le sommant de s'exécuter,
faute de quoi vous saisirez un huissier et/ou déposerez
plainte.
Le
paiement direct : l'huissier
Passé un mois suivant le dernier paiement
intégral de la pension, le créancier
peut s'adresser à un huissier proche de son
lieu de résidence pour obtenir un recouvrement
par paiement direct, en lui fournissant la copie
de la décision de Justice ayant fixé
la pension.
L'huissier ordonnera à un tiers détenteur
de fonds du créancier (employeur, ASSEDIC,
caisse de retraite, banque, locataire...) d'effectuer
des paiements directement en la faveur du créancier.
Les frais de recouvrement seront à la charge
du débiteur.
Ce mécanisme peut s'utiliser pour les arriérés
de pension des six derniers mois.
La
requête devant le Tribunal d'Instance
Lorsque les arriérés s'accumulent,
le créancier d'aliments peut déposer
une requête au greffe du Tribunal d'Instance
de son domicile : le recouvrement s'opérera
par une saisie sur les salaires du débiteur
(la demande devra donc mentionner les coordonnées
de l'employeur du débiteur).
Le débiteur sera convoqué pour une
tentative de conciliation.
Si elle échoue un acte de saisie sera notifiée
audit employeur, qui pratiquera les retenues sur
salaire demandées par le Tribunal, dans la
limite d'une somme égale au RMI.
Le
recours auprès du Trésor Public
Si les deux précédents moyens ont
échoué, le créancier peut saisir
le comptable du Trésor Public, en envoyant
une lettre recommandée avec accusé
de réception au Procureur de la République
du Tribunal de Grande Instance de son domicile (en
n'oubliant pas de joindre une copie de la décision
fixant la pension et les documents justifiant de
l'échec d'une autre procédure).
Le montant de la pension sera majoré de 10%
au profit du Trésor Public au titre des frais
de poursuites et de recouvrement.
L'aide
procurée par la Caisse des Allocations Familiales
Si le créancier d'aliments vit seul avec
ses enfants et n'a pas reçu de paiement de
la pension depuis au moins deux mois, il peut s'adresser
à la Caisse d'Allocations Familiales pour
obtenir à titre d'avance une allocation de
soutien familial.
La caisse engagera une procédure pour obtenir
le recouvrement des sommes dues.
La
plainte pénale
L'article L 227-3 du Code Pénal sanctionne
au titre de l'abandon de famille le fait de ne pas
verser durant au minimum deux mois, une pension
alimentaire ordonnée par une décision
de Justice.
La loi prévoit une peine d'emprisonnement
de deux ans et 100.000 Frs d'amende.
Pour déposer plainte, il est recommandé
d'écrire au Procureur de la République
rattaché au Tribunal de Grande Instance de
votre domicile, en joignant une copie de la décision
de Justice et des documents relatant les voies de
recouvrement engagées.
Si les faits sont caractérisés et
incontestables, ou que votre débiteur est
récidiviste, il sera peut-être plus
judicieux, plus rapide et plus efficace de recourir
à un avocat qui procédera par la voie
d'une citation directe (l'affaire viendra directement
à une audience sans passer par une phase
d'enquête).
En
cas de difficultés financières
Le créancier qui rencontre des difficultés
financières (par exemple, chômage)
a tout intérêt à continuer à
verser ce qu'il peut, afin de faire état
de sa bonne foi et pour échapper à
l'incrimination d'abandon de famille.
Mais parallèlement, il devra prendre contact
avec le Juge aux Affaires Familiales afin de demander
une révision à la baisse du montant
de la pension alimentaire.